jeudi 28 août 2014

Le signe de Dédale, de Florence Bremier

Après Les héros sont fatigants !, du même auteur, je ne pouvais pas passer à côté de ce livre, sélectionné cette année pour le Prix marseillais du polar. Il s'agit d'un roman pour adolescents, genre qui ne m'attire pas a priori, pourtant je me suis métamorphosé en grand enfant en le lisant. Florence Bremier, outre le fait d'écrire bien, a un don, celui de colorer ses personnages. On est ici dans l'Antiquité, dans un temps éloigné, pourtant j'ai vu ses héros en couleur, alors qu'habituellement tout ce qui a plus de cinquante ans ne sort qu'en noir et blanc.Autre particularité, l'histoire et son intrigue impliquent des personnages réels, des héros de fiction, et des "figures" de la mythologie. Dédale ou le Minotaure ont bel et bien vécu ! Un mélange étonnant et qui coule, la magie opère et on suit les pérégrinations du jeune héros dans un Athènes vivant, animé, tour à tour serein et inquiétant. L'intrigue est simple (c'est un ouvrage jeunesse), Nikolidès est un apprenti potier qui se lance à la recherche de son "patron" mystérieusement disparu (enlevé ?) alors que son atelier a été saccagé. Un dévidoir brisé en trois comme les pièces d'un puzzle dont l'assemblage donnerait accès à un trésor est au cœur de l'énigme... L'occasion de nous faire visiter la ville et ses habitants, ses lieux célèbres et leurs coulisses, avec en toile de fond des mythes devenus "vrais". Mention spéciale pour le sculpteur Phidias (personnage historique bien réel, celui-là), auquel Florence attribue une personnalité très... affirmée. (Des précisions sur ce que l'on sait de lui ici.)
Je crois savoir qu'une suite est en cours d'écriture, et c'est tant mieux. Il m'est difficile de conseiller la lecture du Signe de Dédale à des lecteurs adultes exclusivement férus de romans noirs ou de thrillers sanglants, mais les autres aimeront la finesse de la construction et de l'écriture ; tous auraient raison de l'offrir à leurs ados préférés.

Le signe de Dédale fait partie des 10 polars sélectionnés pour le onzième Prix marseillais du polar, dont le verdict (c'est le cas de le dire) sera rendu le 20 septembre prochain, à l'issue d'un procès et de plaidoiries menées par de véritables avocats... Plus d'infos sur cette manifestation originale ici. En 2013, ce prix avait été emporté par le remarquable Un petit jouet mécanique, de Marie Neuser.

Le signe de Dédale - Editions Oskar 2013

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