mardi 3 janvier 2012

De sinistre mémoire, de Jacques Saussey


Un homme retrouvé mort dans un parc parisien, une seringue d’héroïne dans le bras, c’est banal. Un deuxième, un peu plus tard, dans une cabine photo de gare, une seringue dans l’œil, ça l’est moins. Les flics font le lien, et il semblerait bien qu’un troisième larron ait tout intérêt à se carapater avant que le tueur ne lui fasse subir le même sort. Deux SDF témoins du second meurtre se font refroidir. Une femme, elle aussi témoin, échappe par miracle à l’hécatombe…
De sinistre mémoire démarre comme un bon thriller : Jacques Saussey prend son temps pour planter le décor, avec un assassin mystérieux et efficace, des victimes certes peu honnêtes mais plutôt sympathiques et une équipe de flics qui tient la route. Cela va se compliquer. Les flics traquent le tueur, le tueur traque un homme lui-même coupable de vol, mais progressivement un autre personnage prend de l’importance. Lui aussi est en chasse, et sa chasse ne date pas d’hier ; elle remonte à bien des années en arrière, à des centaines de kilomètres de là, et de tous ces « traqueurs » qui peuplent le roman il est de loin le plus inquiétant. De sinistre mémoire est davantage un polar historique qu’un thriller. Jacques Saussey alterne avec maîtrise les lieux, les épisodes et les époques, faisant de ce livre dense et documenté un très bon suspense, sans temps morts, dans lequel tout s’enchaîne comme une mécanique parfaitement huilée. Rien à redire : c’est à lire !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire