jeudi 18 septembre 2014

Le 6 coups de minuit, d'Antoine Léger

Voici un court roman qui devrait plaire aux amateurs de noir. Avant même sa lecture, le livre séduit pour au moins 4 raisons. Le titre d'abord, Le 6 coups de minuit, en forme de jeu de mots subtil, parce qu'au premier coup d’œil je n'ai pas fait tilt et qu'après avoir terminé la lecture je me suis dit "bien vu". La qualité de l'objet-livre, ensuite. Une préface de Claude Mesplède, qui laisse présager un texte original, et enfin la maison d'édition, Paul & Mike, dont je n'avais jamais entendu parler (elle existe pourtant depuis 2011) et dont la ligne éditoriale a de quoi séduire (qualité littéraire et auteurs "inconnus", et, pour ce qui est du numérique, prix modérés avec epub sans DRM).
Le 6 coups de minuit raconte l'histoire d'un SDF moscovite (Vlad, un Franco-russe d'une quarantaine d'années) dont on va découvrir le parcours depuis l'enfance jusqu'à sa vie dans la rue, les raisons qui l'y ont conduit, avec son cortège de galères, de misère, de rencontres, d'espoirs et de rêves. Antoine Léger propose une histoire sombre, dure, sans l'encombrer de détails inutiles ou exagérer le morbide quand il survient çà et là dans le récit. La narration au présent, toujours difficile surtout quand on navigue entre plusieurs époques, convient très bien à la structure du livre et procure le sentiment d'immersion dans l'univers de Vlad.
Le livre démarre sur une scène où l'on annonce que Vlad va (peut-être !) vivre le jour le plus important de sa vie. Que vient-il faire, lui le SDF, dans le sous-sol d'un centre international d'affaires ? On ne le saura qu'à la fin (et quelle fin !) après avoir fait un bout de chemin dans sa vie.
La chute est remarquable, je n'en dit pas davantage pour ne pas gâcher. Le seul bémol que je mettrais est lié justement à cette chute inattendue : ne lisez pas la quatrième de couverture et la préface avant le texte... elles mettent l'accent sur un mystère qui gagnerait peut-être à ne pas être soulevé avant lecture.
Bref, du tout bon !

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